C'est à Daoulas (Finistère), que s'est tenue samedi 19 avril l'assemblée générale annuelle de l'association, en présence d'une centaine d'adhérents. Le Président de France Nature Environnement, la fédération nationale des associations de protection de la nature, participait à cette assemblée. L'occasion de faire le point des négociations engagées au niveau national dans le cadre du "Grenelle de l'environnement", et de confronter les promesses du Grenelle à la réalité du terrain.
Pour Sébastien GENEST, Président de FNE, le processus de discussion et d'échanges entre acteurs qui avaient plus l'habitude de se confronter que de se rencontrer, est positif. Il salue aussi les quelques arbitrages rendus par le Président de la République (non commercialisation du maïs Monsanto 810, refus d'autorisation du projet de mine en Guyane), et la fidélité du projet de loi Grenelle aux conclusions des tables rondes de l'automne 2007. Sébastien GENEST n'en reste pas moins lucide sur les difficultés qui risquent d'émailler la discussion du projet de loi dans les deux assemblées, les échanges récents concernant les OGM ayant montré la résistance de nombreux parlementaires de la majorité à toute "rupture" de la politique environnementale.
Les adhérents et responsables d'Eau & Rivières sont eux plus interrogatifs sur le grenelle : ils soulignent que la question de l'eau a été marginalisée, qu'en matière agricole, seule la question de l'usage des pesticides a fait l'objet d'une décision (réduction de 50 % des usages), que le principe pollueur payeur n'est toujours pas sérieusement appliqué à l'égard des polluants agricoles (azote, phosphore, pesticides). Ils observent également que la question de la réforme de la Politique Agricole Commune a été éludée, alors même qu'elle constitue le point majeur d'inflexion des pratiques agricoles vis à vis de la protection de l'eau ou de la biodiversité. Entre ceux qui pensent que le Grenelle n'est rien d'autre qu'une campagne gouvernementale de communication, et ceux qui estiment qu'il constitue une véritable chance pour faire progresser la politique publique et les démarches des acteurs économiques, tous les points de vue se sont exprimés parmi les adhérents présents à cette assemblée.
Le rappel de l'échec du plan d'action breton pour la réorientation de l'agriculture et la reconquête de l'eau signé en 2004 et dénoncé par les associations en 2006 a conduit les adhérents à demander à FNE d'être particulièrement vigilante, et d'évaluer au fur et à mesure les avancées ou les reculs du processus du Grenelle. Un processus qui, pour le Président d'Eau & Rivières de Bretagne, Camille RIGAUD, a clairement permis à France Nature Environnement de s'imposer auprès des pouvoirs publics comme l'interlocuteur parfaitement représentatif du mouvement associatif de protection de la nature.
Voir les actus de l'année 2008
Voir toutes les actus